janvier 21, 2026

Dysbiose intestinale: comprendre ce que l’intestin essaie de nous dire

Quand le corps envoie des signaux discrets mais persistants

Il y a ce moment précis que beaucoup reconnaissent. Après un repas pourtant simple, ni excessif ni particulièrement gras, composé d’aliments choisis avec soin, parfois même « sains », bio, bien intentionnés, le corps résiste malgré tout.
Le ventre gonfle, une sensation de pesanteur apparaît, l’énergie, au lieu de remonter, s’effondre.
Ce n’est pas une douleur franche, plutôt un malaise diffus, quelque chose qui dérange sans alerter vraiment.

Alors on rationalise. On invoque l’âge, le stress, une mauvaise nuit ou un écart ponctuel. On apprend à composer, on enlève certains aliments, on mange plus léger, on ajuste.
Mais pour beaucoup, ces manifestations reviennent. Jour après jour. Repas après repas. Et à force, une question finit par s’imposer, souvent sans mots précis: « pourquoi mon corps ne réagit‑il plus comme avant ? »

Ce que l’on vit alors n’est ni rare, ni marginal, ni imaginaire.
Derrière ces signaux très ordinaires du quotidien se cache une réalité encore mal comprise du grand public, mais largement observée sur le terrain clinique: la dysbiose intestinale.

Dysbiose intestinale: de quoi parle‑t‑on vraiment ?

Dysbiose intestinale : comprendre les déséquilibres de la flore

Une flore intestinale vivante, mouvante, fragile

L’intestin n’est pas un simple tube digestif. C’est un organe relationnel, en dialogue permanent avec le système immunitaire, le système nerveux et le métabolisme. En son cœur vit un écosystème d’une complexité remarquable : la flore intestinale. Des milliards de bactéries, des levures, des micro‑organismes qui coexistent, s’équilibrent et se régulent mutuellement.

Lorsque cet équilibre est respecté, tout se fait en silence. La digestion est fluide, l’assimilation efficace, le corps ne réclame rien. Mais cet équilibre n’est jamais acquis. Il dépend de ce que nous mangeons, de la façon dont nous mangeons, de notre rythme de vie, de notre niveau de stress, de notre capacité à récupérer.
La dysbiose intestinale apparaît lorsque cet équilibre se défait, non pas brutalement, mais progressivement, souvent sans bruit.

Pourquoi tout le monde a des « mauvaises » bactéries

C’est ici que beaucoup se trompent. La question n’est pas d’avoir ou non de « mauvaises » bactéries : nous en avons tous. Le Candida albicans, par exemple, est naturellement présent dans l’intestin humain, chez tout le monde, sans exception. Ce n’est pas un ennemi à éliminer, mais un occupant parmi d’autres.

Le problème commence lorsque l’environnement intestinal change durablement. Lorsque certains aliments sont consommés en excès, lorsque le stress devient chronique, lorsque la digestion est perturbée sur la durée. Certaines bactéries ou levures sont alors davantage nourries, elles prolifèrent, prennent plus de place que prévu.
La diversité microbienne diminue, la flore s’appauvrit, et l’intestin perd peu à peu sa capacité d’adaptation.

La dysbiose intestinale n’est donc pas une infection à combattre à tout prix. C’est un déséquilibre fonctionnel à comprendre, à contextualiser, et à accompagner.

Quand l’alimentation moderne favorise la dysbiose intestinale

Nourrir sans le savoir les fermentations excessives

Sucres cachés. Produits ultra-transformés. Repas pris trop vite. Sans le vouloir, on nourrit ce qui prolifère. Et ce qui prolifère finit par prendre le dessus.

Dysbiose intestinale : le problème n'est pas forcément ce que vous mangez

Les levures, notamment, se développent en présence de sucres simples et de glucides raffinés. Un petit déjeuner sucré, un goûter industriel, un dessert systématique : autant de carburants pour des fermentations que le corps ne peut plus maîtriser. Les bactéries de putréfaction, elles, se développent davantage en présence de viandes mal digérées, de repas trop riches en protéines animales consommées sans fibres suffisantes.

Ce ne sont pas les aliments eux-mêmes qui posent problème. C’est la fréquence. La quantité. Et l’absence de diversité.

Gluten, produits laitiers, avoine: des tolérances qui évoluent

Ce que l’on digérait à 20 ans ne se digère pas toujours à 40 ou 60. Les enzymes diminuent. Les capacités d’adaptation aussi.

Le gluten, par exemple, nécessite une digestion enzymatique précise. Lorsque cette digestion devient incomplète, des fragments de protéines peuvent irriter la muqueuse intestinale, favoriser une inflammation chronique de bas grade, et maintenir une dysbiose.

Les produits laitiers, riches en lactose et en caséine, posent des difficultés similaires chez de nombreuses personnes adultes. L’enzyme lactase diminue naturellement après l’enfance. Le corps ne parvient plus à décomposer efficacement le sucre du lait.

Même l’avoine, pourtant réputée douce, peut fermenter fortement chez certaines personnes sensibles.
Le corps parle. Encore faut-il l’écouter.

FODMAP et ballonnements: quand le « sain » devient problématique

Lentilles, oignons, ail, champignons: des aliments pas si neutres

Ils sont souvent recommandés. Ils sont parfois redoutables. Non pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce qu’ils fermentent fortement chez certaines personnes.

Les FODMAP (pour Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols), sont des glucides à chaîne courte, mal absorbés par l’intestin grêle. Ils arrivent intacts dans le côlon. Là, les bactéries les fermentent.
Ce qui produit des gaz, des ballonnements, parfois des douleurs.

Lentilles, pois chiches, oignons, ail, choux, pommes, poires, champignons, miel… Autant d’aliments « santé » qui peuvent devenir source d’inconfort majeur en cas de dysbiose intestinale.

Identifier ce qui ne passe plus, sans dogmatisme

Il ne s’agit pas d’interdire. Ni de suivre une liste rigide. Il s’agit d’observer. D’ajuster. Et de respecter son terrain.

Les aliments qui ne passe plus avec une dysbiose intestinale

Certaines personnes tolèrent parfaitement les légumineuses cuites longuement, mais pas sous forme de houmous cru. D’autres digèrent l’ail cuit, mais pas cru.

L’approche par élimination temporaire, retirer pendant quelques semaines les aliments les plus fermentescibles, peut permettre de calmer l’inflammation, de réduire la prolifération bactérienne excessive, et de retrouver une base digestive plus stable.

Puis, progressivement, réintroduire. Tester. Comprendre.

Une expertise accessible: comprendre la dysbiose par l’expérience clinique

Pour approfondir ces mécanismes complexes, nous avons souhaité relayer une ressource rare et précieuse: une intervention du Dr. Stéphane Résimont, médecin spécialisé en médecine fonctionnelle et approche intégrative de la santé, qui décrypte avec clarté et franchise les ressorts de la dysbiose intestinale.

Dans cette vidéo d’une quarantaine de minutes, il aborde les mécanismes précis de la dysbiose, les liens entre alimentation moderne, fermentations excessives et prolifération du Candida albicans, les intolérances alimentaires évolutives (gluten, produits laitiers, avoine, FODMAP), le rôle du SIBO post-infectieux (ces fameuses « touristas » qui laissent des traces pendant des années), ainsi que les leviers nutritionnels, physiques et hygiéniques pour rééquilibrer durablement la flore intestinale.

Son approche n’est ni dogmatique, ni sensationnaliste. Elle s’appuie sur une expérience clinique concrète, une connaissance fine des mécanismes physiologiques, et une capacité rare à rendre accessibles des notions complexes. Avec des mots directs, sans langue de bois.

👉 Regarder la vidéo complète:

Cette intervention constitue un prolongement naturel de cet article. Pour celles et ceux qui souhaitent aller au-delà des généralités, elle offre un éclairage documenté, nuancé, et profondément ancré dans la pratique médicale quotidienne.

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Dysbiose intestinale et causes moins connues

SIBO post-infectieux: quand une tourista laisse des traces

Un voyage. Une diarrhée aiguë. Un épisode qu’on croit terminé. Et pourtant, des années plus tard, le complexe moteur migrant reste perturbé.

Le SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth ou pullulation bactérienne de l’intestin grêle), est une forme particulière de dysbiose intestinale. Normalement, l’intestin grêle contient peu de bactéries. Elles prolifèrent surtout dans le côlon.

Dysbiose intestinale après un voyage

Mais lorsque le complexe moteur migrant, ce mouvement péristaltique qui nettoie l’intestin entre les repas, est altéré par une infection, les bactéries remontent et colonisent l’intestin grêle. Le trouble devient chronique. Sans lien apparent avec l’événement initial.

Les symptômes: ballonnements précoces après les repas, alternance diarrhée/constipation, fatigue intense, carences nutritionnelles malgré une alimentation équilibrée. C’est un mécanisme que le Dr. Résimont détaille avec précision dans la vidéo mentionnée plus haut. Une réalité clinique encore trop peu connue du grand public.

Infections digestives et flore durablement altérée

Certaines infections ne disparaissent pas totalement. Elles modifient l’écosystème en profondeur.

Une infection à Helicobacter pylori, par exemple, peut altérer l’acidité gastrique, perturber la digestion des protéines, et favoriser une dysbiose en aval. Une candidose digestive, souvent consécutive à des traitements antibiotiques répétés, peut persister des mois, voire des années, si le terrain n’est pas rééquilibré. L’histoplasmose digestive est une autre cause parfois méconnue de dysbiose chronique.

Le corps compense. Jusqu’au jour où il n’y arrive plus.

Corps, esprit, intestin: une seule dynamique

L’impact digestif sur l’énergie et l’équilibre psychique

Un intestin déséquilibré n’affecte pas seulement la digestion. Il influence l’humeur, la clarté mentale, la motivation. Ce n’est pas une théorie. C’est une observation clinique récurrente.

L’intestin produit environ 90 % de la sérotonine du corps, ce neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, du sommeil, de l’appétit. Lorsque la flore intestinale est déséquilibrée, cette production peut être altérée. Les bactéries pathogènes produisent des métabolites toxiques qui, en circulant, peuvent franchir la barrière intestinale affaiblie, atteindre le système nerveux central, et contribuer à l’anxiété, à la dépression, au brouillard mental.

Une personne souffrant de dysbiose intestinale ne « manque pas de volonté ». Elle lutte contre un terrain biochimique défavorable.

Bouger, mâcher, ralentir: des leviers souvent sous-estimés

Mastiquer vraiment. Bouger régulièrement. Remettre le corps en mouvement. Parfois, ces gestes simples font plus que des stratégies complexes.

La mastication active la production de salive, riche en enzymes digestives. Elle signale au reste du système digestif qu’un repas arrive. Elle prépare le terrain. Le mouvement (marche, yoga, étirements, musculation) stimule le péristaltisme intestinal. Il aide le corps à évacuer ce qui doit l’être, à ne pas stagner.

Le Dr. Résimont cite l’exemple d’une collègue psychiatre qui observe que lorsqu’elle parvient à remettre ses patients au sport, 80 % vont mieux. Ce n’est pas anecdotique. C’est une observation clinique répétée.

Le ralentissement (manger assis, sans écran, en conscience) permet au système nerveux parasympathique de prendre le relais. C’est dans cet état que la digestion se fait le mieux.

Retrouver une vitalité possible, à tout âge

Ce que l’expérience montre, loin des promesses

Un intestin en bonne santé, ça change tout!

La vitalité n’est pas réservée à la jeunesse. Elle demande de l’attention. Et un engagement personnel. Pas une quête de performance. Une cohérence.

Les personnes qui sortent d’une dysbiose intestinale ne parlent pas de miracle. Elles parlent de temps, d’ajustements progressifs, de rééducation du corps. Elles racontent comment, en modifiant leur alimentation, en réintroduisant du mouvement, en prenant le temps de mâcher, elles ont retrouvé une énergie stable, un sommeil réparateur, une clarté mentale qu’elles croyaient perdues.

Le Dr. Résimont lui-même, à 64 ans, témoigne de sa capacité à maintenir une forme physique qui dépasse parfois celle de personnes de 20 ou 25 ans. Non par exploit, mais par cohérence dans l’hygiène de vie. C’est possible. À condition d’accepter que cela demande un effort, pas ponctuel, mais durable.

Une approche globale, accessible, progressive

Nutrition. Mouvement. Compréhension du corps. Des outils simples. Souvent gratuits. Mais rarement transmis clairement.

Il ne s’agit pas de suivre un protocole rigide imposé de l’extérieur. Il s’agit d’apprendre à observer son propre corps, à identifier ce qui lui convient, ce qui l’irrite, ce qui le nourrit vraiment. Certains auront besoin de réduire drastiquement les FODMAP pendant quelques semaines. D’autres devront supprimer temporairement gluten et produits laitiers. D’autres encore bénéficieront d’une cure de probiotiques ciblés, ou d’une réintroduction progressive de fibres prébiotiques.

L’essentiel est de rester à l’écoute. Et de ne pas chercher une solution universelle.

Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin

Livre "Pleine Santé"

Comprendre la dysbiose intestinale, ce n’est pas chercher une solution miracle. C’est apprendre à lire les signaux du corps. À relier digestion, énergie, clarté mentale et équilibre global.

👉 Pour approfondir cette approche intégrative de la santé, le livre du Dr Stéphane Résimont présenté sur cette page propose une vision documentée, accessible et cohérente, dans l’esprit des médecines alternatives et complémentaires.

Découvrez l’ouvrage « Pleine santé » sur cette page.

Si cet article fait écho à votre expérience, n’hésitez pas à partager votre ressenti en commentaire. Vos observations nourrissent aussi la réflexion collective.

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FAQ

Qu’est-ce que la dysbiose intestinale ?

La dysbiose intestinale désigne un déséquilibre de la flore intestinale, avec prolifération de certaines bactéries ou levures au détriment d’autres espèces bénéfiques. Elle se manifeste souvent par des ballonnements, fatigue, troubles de l’humeur.

Quelles sont les causes principales de la dysbiose intestinale ?

Alimentation déséquilibrée, stress chronique, antibiotiques répétés, infections digestives, intolérances alimentaires non identifiées, sédentarité, manque de mastication.

Peut-on guérir d’une dysbiose intestinale ?

Il est possible de rééquilibrer la flore intestinale par une approche globale : ajustements alimentaires, mouvement, gestion du stress, soutien probiotique ciblé. Cela demande du temps et de la constance.

Quels aliments éviter en cas de dysbiose intestinale ?

Selon les cas : sucres raffinés, gluten, produits laitiers, avoine, aliments riches en FODMAP (légumineuses, oignons, ail, choux, champignons, poivrons). L’identification doit être personnalisée.

Quel est le lien entre dysbiose intestinale et fatigue chronique ?

Un intestin déséquilibré peut altérer l’absorption des nutriments, produire des toxines, perturber la production de sérotonine et ainsi contribuer à la fatigue, au brouillard mental, à l’irritabilité.

Qui est le Dr. Stéphane Résimont ?

Le Dr. Stéphane Résimont est un médecin spécialisé en médecine fonctionnelle et approche intégrative de la santé. Il aborde la santé de manière globale, en reliant nutrition, mouvement, esprit et équilibre du microbiote.

Qu’est-ce que le SIBO post-infectieux ?

Le SIBO (pullulation bactérienne de l’intestin grêle) peut survenir après une infection digestive aiguë, comme une tourista. Le complexe moteur migrant de l’intestin reste perturbé, provoquant des symptômes chroniques : ballonnements, fatigue, troubles digestifs durables., n’hésitez pas à partager votre ressenti en commentaire. Vos observations nourrissent aussi la réflexion collective.

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