juillet 21, 2026

Mensonge de la préhistoire: l’enquête qui bouscule nos origines

Une frise scolaire, un singe qui se redresse peu à peu, un homme des cavernes vêtu de peaux. Vous l’avez vue des dizaines de fois, sur un mur de classe ou dans un manuel d’histoire. Elle raconte une évolution lente, mesurée en millions d’années.

Et si cette image, présentée comme une évidence scientifique, reposait en réalité sur des hypothèses jamais démontrées ?

C’est la question que pose Gérard Gertoux, chercheur en archéologie et histoire des mondes anciens, membre de l’Association internationale d’assyriologie, dans son livre Le Mensonge de la Préhistoire. Nous l’avons interviewé pour qu’il explique pourquoi il conteste la chronologie préhistorique enseignée à l’école, la fiabilité du carbone 14 sur les périodes très anciennes, et certaines classifications d’espèces humaines qui, selon lui, changent au gré des découvertes plutôt que des preuves.

Si vous voulez comprendre pourquoi un chercheur en histoire ancienne s’oppose frontalement aux archéologues sur la question de nos origines, le livre Le Mensonge de la Préhistoire de Gérard Gertoux répond précisément à cette question.

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Pourquoi parler d’une imposture chronologique en préhistoire ?

Selon Gérard Gertoux, le mot même de « préhistoire » désigne une période sans documents écrits, ce qui la place, par définition, hors du champ de l’histoire véritable. C’est là que se situe, selon lui, le nœud du problème : ce vide documentaire est comblé par des reconstitutions, pas par des sources.

Dans l’entretien, il explique que sa formation initiale porte sur l’histoire et la chronologie des mondes anciens, et que c’est précisément cette exigence de sources datables qui l’a conduit à se méfier de la manière dont la préhistoire est présentée dans l’enseignement scolaire. Il oppose deux démarches : celle de l’historien, qui a besoin de documents pour établir une chronologie, et celle de l’archéologue ou du préhistorien, qui reconstruit une chronologie à partir de vestiges matériels et d’hypothèses d’interprétation.

Cette distinction n’est pas neutre. Elle est au cœur de toute la thèse développée dans le livre, et elle permet de comprendre pourquoi Gérard Gertoux qualifie la préhistoire, telle qu’elle est enseignée, « d’invention intellectuelle » : selon lui, elle emprunte les habits de la science sans disposer des sources qui, en histoire, permettent de vérifier une affirmation.

Frise de l'évolution humaine questionnée dans le mensonge de la préhistoire

Historien ou archéologue : une différence qui change tout

L’historien travaille à partir de documents datables, l’archéologue de la préhistoire travaille sans eux. C’est cette différence méthodologique que Gérard Gertoux place au centre de sa critique.

Dans l’entretien, il rappelle que l’histoire, au sens strict, exige des sources écrites qui permettent de situer un événement à une date et un lieu précis. La préhistoire, à l’inverse, ne dispose que d’ossements, d’outils et de traces matérielles, dont l’interprétation dépend de modèles théoriques choisis en amont. Selon lui, ce choix méthodologique n’est pas toujours présenté comme tel : ce qui relève de l’hypothèse est parfois enseigné comme un fait établi.

L’auteur va plus loin et avance que ce choix ne serait pas seulement méthodologique. Il soutient que le rejet des récits fondateurs traditionnels, notamment bibliques, aurait pesé dans la manière dont la discipline s’est construite. Cette lecture reste une interprétation personnelle de l’auteur, qui s’oppose frontalement à la manière dont la communauté archéologique explique elle-même ses propres méthodes.

Pourquoi Gérard Gertoux conteste le récit de l’évolution humaine

Gérard Gertoux ne conteste pas l’existence de fossiles anciens, il conteste la manière dont ils sont classés et interprétés. Sa critique porte d’abord sur la notion même d’espèce.

Dans l’entretien, il relève qu’il n’existe pas, selon lui, de définition unique et consensuelle du mot « espèce » en biologie, et que cette absence de consensus fragilise, selon lui, les classifications successives des ancêtres supposés de l’homme. Il rappelle que le modèle du « chaînon manquant », popularisé par l’image de l’homme-singe qui se redresse, a été officiellement abandonné par les évolutionnistes eux-mêmes dans les années 90, remplacé par la catégorie des hominidés. Or ce schéma continue, selon lui, d’être représenté dans les manuels scolaires. Cette affirmation reste une lecture critique de l’auteur, qui n’a pas été vérifiée de façon indépendante dans le cadre de cet article.

L’auteur formule une critique plus spécifique encore à propos de l’homme de Néandertal. Il rapporte que des analyses génétiques auraient révélé l’absence du chromosome Y caractéristique de l’espèce humaine chez ce fossile, ce qui l’amène à le qualifier de grand singe préhistorique plutôt que d’ancêtre humain. Cette interprétation s’oppose au consensus scientifique actuel en paléoanthropologie, qui considère au contraire Néandertal comme une espèce humaine à part entière, génétiquement proche d’Homo sapiens.

Couverture du livre Le Mensonge de la Préhistoire, Gérard Gertoux

📖 À lire pour aller plus loin

Gérard Gertoux

Le Mensonge de la Préhistoire : l’ouvrage complet où l’auteur détaille sa critique des classifications d’espèces humaines et sa relecture de la chronologie des origines.

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Sumer, l’Égypte : un commencement historique de l’humanité

Pour Gérard Gertoux, l’histoire véritable de l’humanité ne commence pas avec des chasseurs-cueilleurs dispersés sur des millénaires, mais avec des civilisations déjà organisées et documentées, à Sumer, vers -3200.

Il souligne, dans l’entretien, que les civilisations les plus anciennement attestées par des documents écrits, sumérienne puis égyptienne, apparaissent avec une sophistication déjà considérable : temples à colonnes ornées, écriture, organisation urbaine. Il en déduit que l’apparition de ces civilisations semble soudaine plutôt que progressive, contrairement à ce que suggère un modèle d’évolution lente et continue. Cette lecture reste une interprétation de l’auteur, qui n’implique pas nécessairement l’absence de sociétés humaines antérieures moins documentées.

L’auteur ne remet pas en cause l’existence d’humains avant Sumer. Il précise au contraire qu’il croit à l’existence d’humains anciens, y compris ceux qui ont peint les grottes ornées. Ce qu’il conteste, ce sont les datations attribuées à ces vestiges, qu’il juge, selon ses propres termes, « folkloriques ».

Ziusudra, Noé et les récits du Déluge

Un des parallèles les plus intrigants avancés par Gérard Gertoux concerne les récits fondateurs des civilisations anciennes.

Il établit un rapprochement entre trois récits : celui du Déluge sumérien, centré sur le personnage de Ziusudra, l’épopée de Gilgamesh, et le récit biblique de Noé. Selon lui, cette proximité entre des traditions culturelles distinctes mériterait d’être davantage prise au sérieux comme indice d’un socle historique commun, plutôt que d’être écartée comme simple coïncidence mythologique. L’auteur ne prétend pas que ces récits prouvent, à eux seuls, la réalité historique d’un déluge universel. Il les présente comme des sources anciennes qui, selon lui, méritent d’être confrontées entre elles plutôt qu’étudiées isolément.

Le carbone 14 est-il fiable au-delà de quelques millénaires ?

Le carbone 14 mesure la désintégration d’un isotope présent dans la matière organique, ce qui permet d’estimer l’âge d’un vestige. Cette méthode nécessite toutefois une calibration, généralement obtenue par recoupement avec la dendrochronologie, l’étude des anneaux de croissance des arbres.

C’est précisément sur ce terrain que Gérard Gertoux situe sa critique. Il explique s’être penché sur le carbone 14 en travaillant sur la chronologie du troisième millénaire avant notre ère, en particulier pour la période sumérienne. Il affirme avoir constaté des écarts de plusieurs milliers d’années entre les datations obtenues par différents laboratoires pour des périodes qu’un historien situerait pourtant proches les unes des autres. Selon lui, ces écarts, qu’il qualifie de « points aberrants », deviendraient quasiment la norme dès qu’on remonte au-delà du troisième millénaire avant notre ère.

Il précise que sa critique porte sur la fiabilité des datations très anciennes, pas sur l’utilité générale de la méthode radiocarbone. Cette nuance est importante : l’auteur ne prétend pas que le carbone 14 soit inutilisable, il en conteste la précision au-delà d’un certain horizon temporel, une position qui s’oppose au consensus scientifique actuel sur la fiabilité de la méthode, une fois correctement calibrée.

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Homme des cavernes, Néandertal, peintures rupestres : ce que dit le mensonge de la préhistoire

Gérard Gertoux distingue nettement deux questions que le grand public a tendance à confondre : qui a peint les grottes, et à quelle date.

Il reconnaît sans ambiguïté que les peintures rupestres ont été réalisées par des êtres humains, pas par des grands singes. Pour lui, le doute ne porte pas sur l’identité des artistes, mais sur la datation qui leur est attribuée, datation qu’il rattache au même problème méthodologique évoqué à propos du carbone 14. Il maintient en revanche que les fossiles présentés comme des ancêtres humains, à commencer par celui de Néandertal, correspondraient selon lui à des grands singes préhistoriques plutôt qu’à des humains, une position qui contredit le consensus scientifique établi sur ce fossile.

Chaînon manquant contesté dans le mensonge de la préhistoire

Controverse scientifique ou philosophique ?

Derrière la question des datations et des classifications, Gérard Gertoux pointe un débat plus large, qui touche à la manière dont on interprète les données disponibles.

Il avance que des présupposés philosophiques, matérialistes d’un côté, religieux de l’autre, influenceraient la manière dont archéologues et historiens abordent la question des origines humaines. Il ne s’agit pas, dans son propos, d’opposer caricaturalement science et religion, mais de rappeler qu’aucune lecture des vestiges anciens ne se fait dans un vide de présupposés. Cette analyse reste une thèse personnelle de l’auteur sur les biais éventuels de la recherche archéologique, qui n’engage que lui.

Ce qu’il faut retenir de cette enquête sur les origines humaines

Cinq points structurent l’argumentation de Gérard Gertoux dans cette interview.

La préhistoire, selon lui, repose sur des reconstitutions plutôt que sur des documents datables, contrairement à l’histoire proprement dite. Le modèle du chaînon manquant aurait été abandonné dès les années 90 par les évolutionnistes eux-mêmes, sans disparaître pour autant des manuels scolaires. Le carbone 14 présenterait, selon ses observations, des écarts importants dès qu’on remonte au-delà du troisième millénaire avant notre ère. Les civilisations sumérienne et égyptienne apparaissent, dans les sources écrites, avec un niveau d’organisation déjà élevé. Enfin, les récits du Déluge, sumérien et biblique, présenteraient des parallèles que l’auteur juge dignes d’être étudiés ensemble plutôt que séparément.

Aucun de ces cinq points ne fait consensus dans la communauté scientifique actuelle. Ils constituent la thèse défendue par un auteur, à confronter aux connaissances admises, pas un résumé de l’état de la science.

Pour aller plus loin, nous avons interviewé Gérard Gertoux afin qu’il expose lui-même les raisonnements qui l’ont conduit à remettre en question les chronologies préhistoriques, les classifications enseignées et la fiabilité de certaines datations. Découvrez son argumentation complète dans l’entretien ci-dessous.

Confronter des sources anciennes, distinguer une hypothèse d’une preuve, questionner un récit sans pour autant renoncer à exiger des preuves : c’est l’exercice auquel invite cette interview. Que l’on suive ou non les conclusions de Gérard Gertoux, l’exercice de vérification, lui, reste toujours utile.

Ce que vous allez apprendre dans Le Mensonge de la Préhistoire :

  • Pourquoi l’auteur distingue radicalement histoire et préhistoire
  • Les failles qu’il identifie dans les datations au carbone 14 anciennes
  • Comment il relie les récits sumériens, bibliques et les premières civilisations attestées

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Dites-nous en commentaire : et vous, quelle est la partie du récit officiel sur nos origines qui vous semble la plus solide, ou au contraire la plus fragile ?

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FAQ

Le carbone 14 est-il fiable pour dater la préhistoire ?

Selon le consensus scientifique, le carbone 14, correctement calibré par dendrochronologie, est considéré comme fiable sur plusieurs dizaines de milliers d’années. Gérard Gertoux, dans Le Mensonge de la Préhistoire, conteste cette fiabilité au-delà du troisième millénaire avant notre ère, en s’appuyant sur des écarts observés entre laboratoires. Cette critique reste une thèse personnelle qui s’oppose à la position admise en archéométrie.

Qui est Gérard Gertoux, l’auteur du mensonge de la préhistoire ?

Gérard Gertoux est chercheur en archéologie et histoire des mondes anciens, membre de l’Association internationale d’assyriologie. Il a publié des contributions sur la chronologie antique, notamment dans Orbis Biblicus et Orientalis et NABU, et a présenté ses travaux lors de conférences universitaires, dont la réunion annuelle de l’ASOR en 2019.

Que dit Gérard Gertoux sur la théorie de l’évolution ?

Gérard Gertoux ne réfute pas l’existence de fossiles anciens, mais conteste la manière dont ils sont classés en espèces, qu’il juge dépourvue de définition consensuelle. Il affirme aussi que le modèle du chaînon manquant a été abandonné par les évolutionnistes eux-mêmes dans les années 90, sans disparaître pour autant des manuels scolaires. Cette lecture s’oppose au consensus scientifique actuel sur l’évolution humaine.

Existe-t-il un lien entre Noé et Ziusudra ?

Ziusudra est le héros d’un récit sumérien du Déluge, que l’on retrouve sous des formes proches dans l’épopée de Gilgamesh et dans le récit biblique de Noé. Gérard Gertoux considère ces récits comme des sources anciennes à confronter entre elles, sans affirmer qu’ils prouvent, à eux seuls, la réalité historique d’un déluge universel.

Le récit de l’homme-singe est-il encore admis par les scientifiques ?

Le schéma populaire du chaînon manquant, un singe se redressant progressivement en homme, a effectivement été abandonné par la communauté scientifique dès les années 90, remplacé par des modèles plus complexes intégrant plusieurs espèces d’hominidés. Ce point factuel n’est pas contesté. Ce que conteste Gérard Gertoux, c’est le modèle qui l’a remplacé, pas le fait que l’ancien schéma soit dépassé.

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