novembre 7, 2026

Lyme et armes biologiques: la piste explorée par Kris Newby

Des travaux militaires aux archives de Willy Burgdorfer, l’enquête de Kris Newby suit une piste de la guerre froide. Christian Perronne en présente les enjeux dans cet entretien.

Le 11 juillet 2019, la Chambre des représentants américaine adopte un amendement demandant d’examiner les expérimentations du Pentagone sur les tiques et les insectes entre 1950 et 1975. Son auteur, Chris Smith, cite une enquête publiée la même année: celle de Kris Newby. Le rapprochement entre Lyme et armes biologiques entre ainsi dans une discussion parlementaire, avec une demande précise: retrouver ce qui a été fait et savoir si des organismes ont pu être libérés hors des laboratoires.

Cette enquête est désormais accessible en français sous le titre LYME: la piste interdite, aux Editions marco pietteur. Christian Perronne en signe la préface. Au centre du récit, une journaliste scientifique, des archives de laboratoire et un chercheur dont le nom est devenu celui de la bactérie responsable de Lyme: Willy Burgdorfer.

Un article de FranceSoir publié le 4 mars 2026 remet cette histoire en circulation. Dans l’entretien ci-dessous, Christian Perronne expose les raisons pour lesquelles il s’intéresse à cette piste et revient sur le travail de Kris Newby. La vidéo permet d’entendre son raisonnement; le livre en développe l’arrière-plan documentaire.

Couverture du livre LYME: la piste interdite de Kris Newby

LYME: la piste interdite, Kris Newby. Préface du Pr Christian Perronne.

Une enquête sur les tiques, les recherches militaires de la guerre froide et les interrogations que ces travaux laissent derrière eux. Édition française parue en septembre 2026.

Découvrir le livre

👉 Partagez cet article

Partager sur Facebook Partager sur Telegram Partager sur WhatsApp Partager par Email

Lyme et armes biologiques: le dossier de la guerre froide

La question surprend parce qu’elle associe deux univers que l’on sépare habituellement. D’un côté, une promenade en forêt, une morsure parfois inaperçue, puis une infection. De l’autre, des programmes militaires conçus pour rendre des agents biologiques utilisables dans un conflit. L’enquête de Newby explore précisément l’endroit où ces deux histoires ont pu se croiser.

Les recherches américaines sur les armes biologiques appartiennent à une histoire documentée. Le Projet 112 en fournit un exemple vérifiable. Le département américain de la Défense indique que le centre de Deseret avait prévu 134 essais chimiques et biologiques entre 1962 et 1973. Cinquante ont été réalisés, 84 annulés. Ces chiffres décrivent un ensemble d’essais: ils ne désignent pas 134 opérations sur des tiques, ni une série de contaminations par Lyme. Les explications et fiches du Projet 112/SHAD permettent de retrouver ce cadre historique.

Pourquoi s’intéresser aux arthropodes? Un vecteur vivant transporte un agent infectieux et peut le transmettre lors de son repas sanguin. Pour un programme militaire, cela soulève des questions de survie, de transport et de dispersion. Pour la population civile, la question se déplace aussitôt: qu’advient-il d’organismes qui échappent à un dispositif expérimental? C’est ce passage entre laboratoire et environnement que Newby cherche à éclairer.

Le compte rendu parlementaire du 11 juillet 2019 montre la formulation de la demande portée par Chris Smith. Il s’agit de rechercher si de telles expérimentations ont eu lieu et si des tiques ou insectes ont été relâchés, accidentellement ou dans le cadre d’essais. Le vote à la Chambre atteste l’existence d’une demande d’examen. Il ne constitue pas le résultat d’une enquête établissant l’origine de l’épidémie.

Des tiques dans les dossiers militaires: Kris Newby suit une piste de la guerre froide.
Illustration éditoriale générée par IA.

Willy Burgdorfer: les archives au cœur de l’enquête sur Lyme

Le nom de Willy Burgdorfer est familier aux personnes qui se documentent sur Lyme: Borrelia burgdorferi lui doit son nom. Dans l’histoire racontée par Christian Perronne, le chercheur occupe une seconde place, moins connue du grand public: celle d’un scientifique ayant aussi travaillé sur des agents transmis par les tiques dans le contexte des recherches militaires américaines.

Kris Newby suit cette double trajectoire. Son intérêt pour la maladie vient d’abord de son propre parcours de patiente. Journaliste scientifique et productrice associée du documentaire Under Our Skin, elle poursuit ensuite son investigation à travers des entretiens, des documents et l’histoire des laboratoires. Le récit fait ainsi alterner expérience vécue et recherche historique, sans réduire les malades à une toile de fond.

Dans la vidéo, Perronne raconte comment des archives conservées par Burgdorfer ont nourri le travail de Newby. Il insiste sur les cahiers, leur sauvegarde et leur exploitation. Ce qui l’intéresse est concret: retrouver les travaux d’un chercheur, comprendre les organismes étudiés et rapprocher ces éléments de ce qui a été publié. Un nom de bactérie, une date ou une expérience peuvent alors faire apparaître une histoire scientifique moins linéaire que celle retenue dans les résumés.

L’entretien évoque aussi l’«agent suisse» et des recherches sur les rickettsies, d’autres bactéries associées à des tiques. Perronne y voit une pièce du dossier des infections multiples. L’expression ne doit pas être comprise comme un autre nom de Borrelia burgdorferi, ni comme la preuve, à elle seule, d’un organisme fabriqué. Elle renvoie à une piste particulière, dont l’identification et la portée clinique demandent leurs propres éléments.

Un repère éclaire la question de l’origine: une étude génomique publiée en 2017 portant sur 146 génomes de B. burgdorferi retrouve une diversité ancienne, antérieure aux programmes militaires du XXe siècle. La bactérie n’est donc pas apparue avec la guerre froide. L’hypothèse explorée dans cette enquête porte sur une éventuelle intervention humaine dans l’histoire récente des agents ou de leur diffusion. Établir cette intervention exige de relier des travaux précis à des organismes et à des événements précis.

Pourquoi Burgdorfer revient au cœur du dossier: des cahiers de laboratoire nourrissent l’enquête.
Illustration éditoriale générée par IA.

Christian Perronne: pourquoi explorer la piste militaire de Lyme?

Christian Perronne défend une lecture engagée de ces éléments. Dans cet entretien, il considère que les recherches militaires ont pu peser sur l’évolution des maladies transmises par les tiques et que leur histoire reste insuffisamment connue. Il présente le livre de Newby comme un moyen d’accéder à des documents et à des récits que la discussion médicale ordinaire aborde rarement.

Il revient également sur Lab 257, le livre de Michael Christopher Carroll consacré à Plum Island. Perronne explique avoir été intéressé par ce premier récit, tout en attendant davantage de pièces documentaires. C’est sur ce point qu’il situe l’apport de Newby: le passage d’un lieu entouré d’interrogations au travail sur les archives d’un chercheur. Le lecteur comprend ainsi pourquoi il a accepté de préfacer l’édition française.

La proximité de Plum Island avec la région où Lyme a été identifiée revient souvent dans ce débat. Elle explique l’attention portée au site, mais une distance sur une carte ne retrace pas une contamination. Pour soutenir un scénario de dissémination, il faut pouvoir suivre les agents étudiés, les dates, les conditions d’exposition et les liens avec les cas observés. C’est à cet endroit que se concentre la discussion historique.

FranceSoir reprend cette piste dans un registre affirmatif et relaie notamment des scénarios chiffrés proposés par Robert Malone. Ces pourcentages expriment son appréciation; ils ne sont pas les résultats d’une mesure épidémiologique. Le cœur du sujet reste plus tangible: quels documents sont disponibles, quelles expériences décrivent-ils et quelles informations manquent encore pour reconstituer leurs conséquences éventuelles?

Cette demande de transparence concerne aussi les patients. Les personnes qui vivent avec des symptômes persistants ont besoin de recherches capables d’examiner plusieurs pistes et de soins adaptés à leur situation. L’enquête historique peut contribuer au débat public. Elle ne fournit pas, à elle seule, un diagnostic individuel ou le choix d’un traitement.

⚠️ INFORMATION INDÉPENDANTE

Ce que la science officielle préfère minimiser

Rejoignez les lecteurs qui refusent les demi-vérités. Chaque semaine, l'information que les médias dominants préfèrent taire.

En 2019, la question arrive au Parlement: une demande d’examen des expériences sur les tiques.
Illustration éditoriale générée par IA.

Lire l’enquête de Kris Newby en français

La traduction française donne accès à un récit où se rencontrent une expérience de maladie, le parcours d’un microbiologiste et des programmes de recherche longtemps éloignés du regard du public. Le livre permet de suivre cette investigation sur la durée, avec ses personnages, ses lieux et ses questions, au-delà du format d’un entretien.

La vidéo contient une précision de calendrier à garder en tête: Christian Perronne y annonce encore la traduction à venir et évoque un titre traduit de Bitten. L’ouvrage a depuis paru sous son titre français définitif, LYME: la piste interdite. La fiche de l’éditeur indique septembre 2026. Vous pouvez donc prolonger cet échange par l’édition qui vient de paraître, avec sa préface.

Couverture du livre LYME: la piste interdite de Kris Newby

LYME: la piste interdite, Kris Newby. Préface du Pr Christian Perronne.

280 pages, traduction de Marco Pietteur, collection Résurgence. Prix public: 28,00 € TTC. Prix boutique constaté le 29 octobre 2026: 26,60 € TTC. Pour suivre le parcours de l’autrice et l’enquête historique présentée dans cet entretien.

Découvrir le livre

Ce que vous allez apprendre

Vous découvrirez le chemin qui conduit Kris Newby de son expérience de patiente à une investigation sur les recherches de la guerre froide. Vous suivrez le rôle de Burgdorfer dans ce récit et les interrogations sur les tiques comme vecteurs. Le rapprochement entre Lyme et armes biologiques prend alors la forme d’une enquête à lire, avec une chronologie et des protagonistes, plutôt que d’une formule isolée dans un titre.

Vous connaissez peut-être déjà le versant médical de Lyme. L’histoire des laboratoires et de leurs archives ouvre une autre entrée dans le sujet: celle des responsabilités de recherche et de la mémoire des expériences.

Si cet article vous semble utile, partagez-le autour de vous. Et dites-nous en commentaire quelle question sur les recherches militaires et les maladies transmises par les tiques vous souhaiteriez voir examinée à partir de documents accessibles.

👉 Partagez cet article

Partager sur Facebook Partager sur Telegram Partager sur WhatsApp Partager par Email

Vos questions sur le livre et la vidéo

Qui est l’autrice de LYME: la piste interdite?

Kris Newby est une journaliste scientifique américaine, également productrice associée du documentaire Under Our Skin. Son expérience de la maladie de Lyme a nourri son travail d’investigation. Christian Perronne signe la préface de l’édition française.

L’entretien est-il consacré uniquement à ce livre?

Non. Il aborde aussi l’allergie à l’alpha-gal et d’autres sujets sanitaires. Cet article se concentre sur la partie consacrée à Lyme, aux recherches militaires et à l’enquête de Newby. L’alpha-gal est un syndrome allergique distinct de la borréliose de Lyme.

Où consulter le livre avant de le commander?

La fiche du livre sur le site des Editions marco pietteur propose des extraits et la table des matières. L’édition française compte 280 pages; son prix boutique est de 26,60 € TTC au moment de la préparation de cet article, sous réserve de modification.

Sources et documents pour prolonger la lecture

FranceSoir, article du 4 mars 2026; entretien vidéo de Christian Perronne, transcription fournie; Chambre des représentants, débat du 11 juillet 2019; département américain de la Défense, Projet 112/SHAD; Walter et al., étude génomique de 2017.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire

Articles récents
Facebook
Twitter
LinkedIn
2 Livres achetés = frais de port offerts!

Ne passez pas à côté d’une lecture essentielle

Découvrez nos articles et trouvez le livre qui répondra à vos questions.
We recommend
Lire, c’est résister. Partager, c’est éveiller. Acheter, c’est soutenir.

Rejoignez-nous sur

Livres mis en avant