On nous répète souvent qu’il n’existe « pas d’études » sur l’ivermectine dans la lutte contre le cancer. Une affirmation catégorique qui, pour beaucoup, ferme d’emblée la porte à toute discussion.
Pourtant, derrière cette assertion trop simpliste se cache une réalité scientifique bien plus nuancée, et surtout, bien plus riche.
Il est temps de déblayer le terrain et de regarder de près ce que des décennies de recherche préclinique ont réellement mis au jour concernant l’ivermectine et cancer.
Imaginez une molécule ancienne, peu coûteuse et au profil de sécurité bien établi, capable de freiner la prolifération tumorale, de bloquer les métastases et même de rendre certaines chimios plus efficaces.
Utopie ?
Non.
Une piste sérieuse que de nombreux laboratoires explorent, loin des projecteurs médiatiques.

Cet article se propose de vous guider à travers les études les plus marquantes, en posant les bases d’une compréhension claire et rigoureuse de ce potentiel méconnu, tout en soulignant les limites à ne jamais franchir.
L’Ivermectine et cancer: une vieille molécule aux promesses inattendues
L’ivermectine n’est pas une nouveauté. Cet antiparasitaire, découvert par Satoshi Ōmura et William Campbell, récompensés par le Prix Nobel de médecine en 2015, a transformé la santé publique mondiale en éradiquant des maladies comme la cécité des rivières et la filariose.
C’est une molécule hors brevet, très peu chère, connue pour son large profil de sécurité aux doses thérapeutiques.
Mais son histoire ne s’arrête pas là…
Le concept de « repositionnement de médicaments », ou drug repurposing, est simple réutiliser des molécules anciennes, déjà approuvées pour certaines indications, pour de nouvelles.
Une approche séduisante car elle réduit drastiquement les coûts et les délais de développement, les molécules ayant déjà prouvé leur sécurité. C’est dans ce cadre que l’ivermectine pour le cancer attirent l’attention des chercheurs depuis plusieurs décennies.
Loin d’être une invention récente, cette piste s’appuie sur un faisceau d’indices qui ne cesse de s’épaissir.
Des décennies de recherche: la face cachée de l’ivermectine anticancéreuse
L’idée d’utiliser l’ivermectine contre le cancer n’est pas nouvelle. Elle remonte aux années 1990, et depuis, des équipes de recherche à travers le monde ont documenté ses propriétés sur de multiples types de tumeurs.
Ces travaux, majoritairement précliniques, esquissent un tableau fascinant de son potentiel.
1996: quand l’ivermectine s’attaquait déjà à la multi-résistance

Dès 1996, des travaux pionniers publiés sur PubMed ont mis en lumière une propriété capitale de l’ivermectine: sa capacité à inverser la multi-résistance aux médicaments anticancéreux.
Vous savez, cette capacité redoutable des cellules tumorales à expulser les molécules de chimiothérapie qui les attaquent.
L’étude montrait que l’ivermectine agit sur des transporteurs de type ABC, ces « pompes » moléculaires impliquées dans l’expulsion des médicaments.
En bloquant ces pompes, l’ivermectine suggérait déjà qu’elle pouvait restaurer la sensibilité de certains cancers à des médicaments devenus inefficaces.
Un mécanisme d’une importance capitale dans la lutte contre les rechutes et l’échec thérapeutique. Pour en savoir plus sur cette étude fondatrice, vous pouvez consulter la référence directement sur PubMed.
2019: des antibiotiques, oui, mais aussi des anticancéreux
Le champ de l’oncologie explore constamment de nouvelles voies.
Une revue de 2019, également publiée sur PubMed, s’est penchée sur plusieurs antibiotiques, dont l’ivermectine, pour leurs propriétés non seulement antifongiques mais aussi anticancéreuses.
Les auteurs de cette revue ont souligné que certaines molécules anciennes, initialement conçues pour combattre les infections, présentaient en réalité une activité inattendue sur les cellules tumorales et, plus spécifiquement, sur les cellules souches cancéreuses.
Cette découverte ouvre des perspectives audacieuses.
Imaginez pouvoir exploiter des médicaments bien connus, avec un recul d’utilisation conséquent, pour des stratégies thérapeutiques inédites. Un article à découvrir ici.
2021: la revue pivot qui bouscule les certitudes sur l’ivermectine et cancer
Pièce maîtresse de cette exploration, une revue exhaustive de 2021, parue dans la prestigieuse revue Pharmacological Research, a synthétisé l’ensemble des données disponibles sur l’ivermectine et cancer en tant qu’agent anticancéreux. Cette publication est un jalon majeur, car elle ne se contente pas de lister les observations ; elle les organise et les valide.
- Inhibe la prolifération des cellules tumorales.
- Réduit les métastases, ces redoutables foyers secondaires qui rendent le cancer si difficile à vaincre.
- Bloque l’angiogenèse, c’est-à-dire la formation des nouveaux vaisseaux sanguins qui nourrissent la tumeur. Sans sang, la tumeur dépérit.
- Déclenche plusieurs formes de mort cellulaire programmée (apoptose, autophagie, pyroptose), des mécanismes essentiels pour éliminer les cellules défectueuses.
- Peut inverser la résistance multi-médicamenteuse en modulant différentes voies de signalisation.
Les auteurs de cette revue vont plus loin en proposant explicitement de reconsidérer l’action de l’ivermectine sur le cancer comme un domaine de recherche prioritaire pour le repositionnement en oncologie.
Un appel clair à la communauté scientifique. Vous pouvez consulter cette revue capitale ici.
Un spectre d’action étonnant: l’ivermectine à l’épreuve des cancers

Le champ d’action de l’ivermectine sur le cancer, tel que documenté dans les études précliniques, est remarquablement vaste. Il ne se limite pas à un ou deux types de tumeurs, mais s’étend à un panorama impressionnant de cancers.
Du sein au mélanome: une efficacité préclinique multi-cibles
Une synthèse en accès libre, disponible sur PMC, compile de manière détaillée les données sur l’ivermectine et le cancer dans différents types de tumeurs: celui du sein (y compris des modèles canins qui s’avèrent parfois très pertinents pour l’humain), les cancers digestifs (estomac, colorectal, foie, cholangiocarcinome), le rein, la prostate, les leucémies, les cancers gynécologiques (ovaire, col de l’utérus), les gliomes et glioblastomes (avec la réserve de la barrière hémato-encéphalique à franchir), les voies ORL/respiratoires, le poumon et le mélanome.
Ces travaux montrent de manière répétée que l’ivermectine :
- Freine la croissance cellulaire.
- Bloque le cycle cellulaire des tumeurs.
- Réduit la capacité de migration et d’invasion des cellules cancéreuses.
- Peut potentialiser l’effet de chimiothérapies existantes, notamment dans des modèles de résistance.
Ces résultats, bien qu’issus de modèles précliniques, sont un signal fort. Vous pouvez approfondir cette synthèse passionnante ici.
Comment ça marche? Les mécanismes de l’ivermectine contre le cancer décryptés
Derrière ces effets se cachent des mécanismes moléculaires complexes mais bien identifiés. L’ivermectine n’agit pas au hasard. Elle module des voies de signalisation cruciales pour la survie et la prolifération des cellules cancéreuses, comme la voie PAK1. Elle est également capable d’induire différentes formes de mort cellulaire programmée:
- L’apoptose, un « suicide cellulaire » contrôlé.
- L’autophagie, un processus où la cellule « mange » ses propres composants défectueux.
- La pyroptose, une forme inflammatoire de mort cellulaire.
Un autre point clé est son action sur les cellules souches cancéreuses. Ces cellules sont souvent responsables des rechutes, car elles sont plus résistantes aux traitements et ont une capacité à se « reconstruire ».
En ciblant ces cellules, l’ivermectine ouvre des perspectives pour des traitements plus durables.
Des études précliniques montrent que l’ivermectine peut renforcer, dans certaines conditions expérimentales, l’effet de chimiothérapies comme le paclitaxel, la doxorubicine ou d’autres agents, en augmentant la mort des cellules tumorales ou en modulant des voies de résistance. (source)
En revanche, cette synergie reste une piste de recherche et n’est pas démontrée ni approuvée en clinique chez l’être humain, de sorte qu’on ne peut pas affirmer qu’« un traitement qui perd son efficacité retrouve sa puissance » simplement en ajoutant de l’ivermectine. (Source)
Entre promesse et prudence: les limites à ne jamais oublier

Devant l’étendue de ces découvertes, il est facile de s’enthousiasmer. Cependant, la rigueur scientifique exige de rappeler les limites claires de ces travaux. Il est impératif d’adopter une posture de prudence et de responsabilité face à l’ivermectine et cancer.
La quasi-totalité des études que nous avons citées sont des travaux précliniques.
Cela signifie qu’elles ont été réalisées soit in vitro (sur des cultures cellulaires en laboratoire), soit in vivo sur des modèles animaux.
Ces étapes sont absolument fondamentales pour identifier des pistes prometteuses, mais elles ne peuvent en aucun cas être extrapolées directement à l’humain.
Actuellement, il n’existe pas d’essais cliniques robustes et à grande échelle ayant validé l’ivermectine comme un traitement anticancéreux chez l’homme.
Les données manquent pour déterminer les dosages optimaux, les interactions potentielles avec d’autres traitements oncologiques, et surtout, pour prouver une efficacité et une sécurité dans un contexte clinique.
L’automédication: un danger réel et inacceptable
Nous insistons avec la plus grande fermeté: l’automédication est non seulement imprudente, mais potentiellement dangereuse.
L’ivermectine, comme tout médicament, présente des risques et des interactions. Son utilisation doit être strictement encadrée par un professionnel de santé.
Les dosages, la durée du traitement, la surveillance des effets secondaires, tout cela relève d’une expertise médicale. Ignorer ces principes serait mettre votre santé en grave péril.
Toute décision thérapeutique, particulièrement en oncologie, doit être prise en concertation avec votre médecin traitant et votre oncologue.
Vous pouvez même envisager d’en discuter avec votre oncologue en lui présentant les articles des études citées dans cet article, afin d’ouvrir un dialogue éclairé.
Si ce sujet vous passionne et que vous souhaitez comprendre l’ampleur des travaux existants sur l’ivermectine et le cancer, nous vous invitons à regarder la vidéo qui a inspiré cet article et qui synthétise brillamment ces recherches.
Vous pouvez la regarder en activant les sous-titres Youtube.
Points clés:
- L’affirmation « pas d’études sur l’ivermectine et cancer » est fausse: des décennies de recherche préclinique existent.
- L’ivermectine inhibe la prolifération, réduit les métastases, bloque l’angiogenèse et induit la mort cellulaire.
- Elle peut inverser la multi-résistance aux chimiothérapies, un atout majeur en oncologie.
- Ces travaux sont majoritairement in vitro ou sur animaux; les essais cliniques chez l’humain sont encore insuffisants.
- L’automédication est formellement déconseillée et dangereuse.

Pourquoi une telle marginalisation? L’enjeu du repositionnement de l’ivermectine et cancer
Le paradoxe est frappant: d’un côté, un faisceau d’indices scientifiques grandissant sur le potentiel de l’ivermectine pour le cancer en oncologie; de l’autre, un manque criant d’investissements pour des essais cliniques d’envergure.
Pourquoi ces pistes restent-elles marginalisées, alors qu’elles pourraient offrir des solutions à faible coût?
C’est ici que l’enjeu du « repositionnement » prend une tournure plus complexe. Les médicaments anciens, hors brevet, n’offrent pas les mêmes perspectives de profits que les nouvelles molécules développées par l’industrie pharmaceutique.
Le financement de recherches coûteuses sur des molécules qui ne rapporteront pas de retours sur investissement colossaux est un défi majeur.
Cette dynamique soulève des questions dérangeantes sur les priorités de la recherche et de la santé publique.
C’est cette « guerre » silencieuse contre des pistes thérapeutiques prometteuses, mais économiquement peu rentables, qui façonne le paysage de la recherche.
Si vous voulez comprendre pourquoi une vieille molécule sûre et bon marché comme l’ivermectine est devenue l’ennemi à abattre, l’enquête « La guerre contre l’ivermectine » est incontournable.
Elle décortique, documents à l’appui, comment institutions, médias et industrie ont tout fait pour discréditer cette piste thérapeutique, bien au-delà du seul Covid.
La science au service de la vérité sur l’ivermectine et cancer
L’ivermectine et le cancer représentent un domaine de recherche fascinant, parsemé de découvertes prometteuses mais aussi de défis.
Loin des slogans simplistes, la science nous montre une réalité plus complexe: celle d’une molécule ancienne aux multiples facettes, dont le plein potentiel reste à explorer.
La question n’est plus de savoir s’il existe des études, mais bien pourquoi ces études peinent à franchir le cap des essais cliniques robustes.
C’est un appel à la curiosité, à la rigueur, et à une réflexion plus large sur les modèles de recherche et de développement en santé.
Partagez votre avis et vos questions!
Cet article soulève de nombreuses questions.
Aviez-vous déjà entendu parler de ces recherches sur l’ivermectine et le cancer?
Quels sont vos réflexions sur le repositionnement des médicaments et les enjeux qu’il soulève?
N’hésitez pas à partager vos commentaires, vos questions ou votre propre expérience (toujours avec prudence et respect des avis de chacun) ci-dessous.
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