août 13, 2026

Accès aux données vaccinales: le combat de Brian Hooker

En France comme en Belgique, aucun organisme officiel n’a jamais publié une étude comparant sur le long terme la santé d’enfants vaccinés à celle d’enfants jamais vaccinés. Pas une.

C’est ce vide que Robert F. Kennedy Jr. et le chercheur Brian Hooker ont décidé de combler eux-mêmes, avec les moyens du bord, en épluchant PubMed étude par étude.

Senta Depuydt, journaliste chez Essentiel News, a reçu Brian Hooker pour revenir sur ce combat. Voici ce qu’il raconte, et ce que la science établie en dit de son côté.

Si vous voulez comprendre comment ce combat pour l’accès aux données a commencé, le livre Vacciné, Non-Vacciné : Qui est en meilleure santé ? Que dit la science ? de Robert F. Kennedy Jr. et Brian Hooker retrace toute l’histoire.

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Accès aux données vaccinales : le combat de Brian Hooker

En 2019, Robert Kennedy Jr. demande à Brian Hooker une chose précise : retrouver, sur PubMed, toutes les études comparant des populations vaccinées à des populations non vaccinées. Hooker pensait y consacrer un après-midi. Il y a passé deux ans.

Biologiste moléculaire, auteur de plus de 90 publications évaluées par des pairs, Hooker retrouve des dizaines d’études isolées, jamais mises bout à bout : syndrome de la guerre du Golfe, grossesse, mort subite du nourrisson, autisme. Kennedy les publie sur Facebook et Instagram, une par une.

À 60 études publiées, ses comptes sont suspendus. Le travail continue malgré tout et donne naissance, en août 2023, à un livre compilant plus de 100 études.

Point que Hooker reconnaît lui-même dans l’entretien : trouver un vrai groupe témoin totalement non vacciné est rare. C’est justement l’objection centrale que lui opposent les épidémiologistes, comme vous le lirez plus bas.

Illustration sur l'accès aux données vaccinales et leur verrouillage
Couverture du livre Vacciné Non-Vacciné, accès aux données vaccinales

📖 À lire pour aller plus loin

Robert F. Kennedy Jr. & Brian Hooker

Vacciné, Non-Vacciné : le détail des plus de 100 études compilées par Hooker, chapitre par chapitre, avec les graphiques source.

Découvrir le livre →

Pourquoi ces publications ont été censurées

Meta a confirmé publiquement, dans ses rapports de transparence, avoir retiré des millions de contenus jugés contraires à ses règles sur la vaccination entre 2019 et 2021. Les comptes de Kennedy s’inscrivent dans cette politique plus large.

Dans l’entretien, Hooker évoque aussi la censure qu’il dit avoir ressentie lors de sa tournée européenne : sujets à éviter, formulations à surveiller. Un ressenti personnel, qu’aucune donnée chiffrée ne vient ici confirmer ou infirmer.

Ce que l’on peut constater objectivement : le débat scientifique sur la sécurité vaccinale reste aujourd’hui l’un des sujets les plus modérés sur les grandes plateformes, quel que soit le bien-fondé de chaque publication retirée.

Ce que répond la communauté scientifique établie

L’objection principale des épidémiologistes tient en une phrase : comparer des enfants vaccinés à des enfants non vaccinés ne prouve rien si les deux groupes diffèrent aussi sur d’autres points, alimentation, suivi médical, milieu social. C’est le biais dit de « l’utilisateur en bonne santé ».

L’étude de référence liant vaccin ROR et autisme, publiée par Andrew Wakefield en 1998 dans The Lancet, a été rétractée en 2010 après une enquête du General Medical Council britannique concluant à une falsification des données. Wakefield a perdu son droit d’exercer.

Depuis, plusieurs cohortes de grande ampleur n’ont trouvé aucun lien entre le vaccin ROR et l’autisme, notamment une étude danoise portant sur plus de 650 000 enfants, menée par Hviid et ses collègues en 2019 dans Annals of Internal Medicine (résumée en français par le Huffpost). Sur cette base, l’OMS, la HAS et l’ANSES maintiennent que le vaccin ROR est sûr.

Ce que révèle surtout ce désaccord : les deux camps travaillent sur les mêmes données brutes, mais n’acceptent pas les mêmes règles pour les interpréter. C’est là, précisément, que se joue le vrai débat.

Bureau de recherche avec études scientifiques sur l'accès aux données vaccinales
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Que faire de ce débat en tant que parent ou lecteur

Vous n’avez probablement ni le temps ni la formation pour trancher entre une cohorte danoise de 650 000 enfants et un chapitre de 20 pages sur le thimérosal. Personne ne vous le reproche.

Ce que vous pouvez faire : lire les deux côtés du dossier avant de vous faire un avis, plutôt que de vous arrêter au premier titre qui confirme ce que vous pensiez déjà.

Ce que vous trouverez dans Vacciné, Non-Vacciné :

  • Le détail des études compilées par Hooker, classées par vaccin et par pathologie
  • La correspondance juridique entre Kennedy et les autorités sanitaires américaines
  • Les graphiques source pour vous faire votre propre lecture des chiffres

Disponible à 24,50€ sur notre boutique.

Les 6 études phares du livre, avec leurs sources et leurs réserves

Le livre s’appuie sur plus de 100 études. En voici six, particulièrement mises en avant, avec le chiffre annoncé par les auteurs, la source vérifiable, et ce que la littérature scientifique en dit par ailleurs.

1. Mawson et al. (2017), calendrier vaccinal et santé des enfants de 6 à 12 ans. Cette étude pilote rapporte, chez les enfants vaccinés (partiellement ou totalement), un risque de rhinite allergique 30 fois plus élevé, de TDAH ou d’autisme 4,2 fois plus élevé, de difficultés d’apprentissage 5,2 fois plus élevé et d’eczéma 2,9 fois plus élevé que chez les non-vaccinés. Publiée en accès libre dans le Journal of Translational Science, elle repose sur un échantillon de convenance d’enfants scolarisés à domicile : sa méthodologie (biais de sélection, données auto-rapportées par les parents) est régulièrement critiquée par les épidémiologistes.

2. Hooker et Miller (2020), retards de développement, asthme, infections de l’oreille. En examinant les dossiers de trois cabinets de pédiatrie (plus de 2 000 patients), les auteurs rapportent un risque de retard de développement 2,18 fois plus élevé, d’asthme 4,49 fois plus élevé et d’infections de l’oreille 2,13 fois plus élevé chez les enfants vaccinés avant un an. L’étude, publiée dans SAGE Open Medicine, a fait l’objet en 2026 d’une « expression of concern » de la revue signalant des limites méthodologiques importantes, sans rétractation formelle à ce jour.

3. Verstraeten et al. (1999-2003), thimérosal et troubles neurodéveloppementaux. Cette analyse interne du Vaccine Safety Datalink du CDC suggérait un risque d’autisme 7,6 fois plus élevé chez les nourrissons les plus exposés au thimérosal durant leur premier mois. Les publications ultérieures des mêmes données dans JAMA et Pediatrics, ainsi que des études indépendantes, n’ont pas confirmé de lien causal entre thimérosal et autisme : les autorités sanitaires considèrent aujourd’hui qu’il n’existe pas de preuve d’un tel lien.

4. DeStefano et al. (2004) et réanalyse de Hooker (2014), vaccin ROR et autisme. L’étude initiale du CDC, publiée dans Pediatrics, rapportait un risque d’autisme 1,49 fois plus élevé chez les enfants vaccinés ROR avant 36 mois. Une réanalyse de Hooker centrée sur les garçons afro-américains concluait à un risque 3,86 fois plus élevé pour ce sous-groupe. Cette réanalyse, publiée dans Translational Neurodegeneration, a depuis été rétractée par la revue pour problèmes méthodologiques majeurs et conclusions non soutenues par les données ; plusieurs vérifications indépendantes concluent que les données du CDC ne montrent pas de lien entre ROR et autisme, y compris chez les garçons afro-américains.

5. Mogensen et al. (2017), vaccin DTC et mortalité infantile en Guinée-Bissau. Les enfants vaccinés DTC entre 3 et 5 mois présentaient, selon cette étude, un taux de mortalité globale cinq fois plus élevé que les non-vaccinés, en particulier chez les filles. Ces travaux sur les effets dits non spécifiques des vaccins, publiés dans EBioMedicine par l’équipe danoise du Bandim Health Project, restent débattus : certains chercheurs confirment un signal de surmortalité dans certains contextes, d’autres pointent des biais potentiels (biais de survie, classification vaccinale tardive).

6. Lai et al. (2022), vaccin Pfizer et myocardite chez les adolescents de Hong Kong. Cette étude rapporte un risque de myocardite 29,6 fois plus élevé après la deuxième dose de BNT162b2 chez les adolescents, et un risque doublé de troubles du sommeil. Publiée dans Emerging Microbes & Infections et indexée sur PubMed, elle est citée comme un signal de sécurité réel, tout en précisant elle-même que le risque absolu reste faible à l’échelle de la population.

Dites-nous en commentaire : est-ce que ce genre de débat contradictoire, avec les deux versions posées côte à côte, vous aide à vous faire un avis, ou est-ce que ça vous laisse plus perplexe qu’avant ?

Et si ce sujet touche quelqu’un de votre entourage, parent ou futur parent, partagez-lui cet article plutôt qu’un seul des deux camps.

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FAQ

Existe-t-il de vraies études comparant vaccinés et non vaccinés ?

Oui, mais elles sont rares et souvent critiquées sur leur méthodologie. Le livre de Kennedy et Hooker en compile plus de 100, issues en grande partie de PubMed. Leur limite principale, reconnue par Hooker lui-même, est la difficulté à isoler un groupe réellement non vacciné sans autre différence de mode de vie.

Qui est Brian Hooker et pourquoi est-il central dans le débat vaccinal ?

Brian Hooker est biologiste moléculaire, père d’un enfant autiste, et coauteur du livre Vacciné, Non-Vacciné avec Robert F. Kennedy Jr. Il est aussi connu pour avoir enregistré et rendu publiques les déclarations du chercheur du CDC William Thompson en 2014, un épisode repris dans le documentaire Vaxxed.

Le vaccin ROR est-il lié à l’autisme ?

L’étude ayant initialement suggéré ce lien, publiée par Andrew Wakefield en 1998, a été rétractée en 2010 pour falsification de données. Depuis, plusieurs cohortes de grande ampleur, dont une étude danoise sur plus de 650 000 enfants, n’ont trouvé aucun lien statistique entre le vaccin ROR et l’autisme. Le débat reste néanmoins vif chez certains chercheurs et associations de parents. Il ne peut être clos ainsi. Beaucoup trop de facteurs rentrent en jeu pour une évaluation claire. L’enquête doit continuer.

Pourquoi les publications de Robert Kennedy Jr. ont-elles été censurées sur les réseaux sociaux ?

Meta a retiré des millions de contenus liés à la vaccination entre 2019 et 2021 dans le cadre de sa politique de modération sur le Covid, sans distinction entre contenus scientifiquement fondés ou non. Les comptes de Kennedy ont été suspendus après la publication d’une soixantaine d’études.

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